La résilience
Les travaux du Bice sur la résilience - cette capacité
à se reconstruire et à se développer en dépit des difficultés
et des traumatismes vécus - sont coordonnés par Stefan Vanistendael,
directeur de l'unité deRecherche et Développement.
Stefan Vanistendael anime par ailleurs sur ce thème des formations et de nombreuses conférences pour des professionnels et des bénévoles dans différents domaines.
Autre grand thème générique des travaux de recherche et développement du Bice actuellement : la mise en œuvre des droits de l'enfant.
Ces deux thèmes "résilience" et "mise en oeuvre des droits de l'enfant" s'articulent avec d'autres idées transversales qui inspirent nos activités, comme la participation des enfants, l'écoute, la spiritualité ou même l'humour et la philosophie avec les enfants.
Quelques mots sur la résilience...
Stefan Vanistendael : la résilience est la capacité d'une personne ou d'un système social à se développer positivement et à se projeter dans la vie en présence de grandes difficultés. Elle n'est jamais absolue, elle varie dans le temps et selon les contextes, elle se construit dans la durée et elle contient clairement une dimension éthique. Elle n'est pas réservée aux surdoués ni aux privilégiés.
N'est-ce pas un concept "à la mode" aujourd'hui en sciences sociales ?
SV : la réalité humaine de la résilience a probablement toujours existé depuis que l'être humain est apparu sur terre. Sa systématisation scientifique a commencé dans les années soixante, d'abord aux Etats Unis (Emy Werner et Ruth Smith) et en Angleterre (Michael Rutter), ensuite elle s'est étendue à d'autres pays.
En quoi la résilience éclaire-t-elle les sciences humaines ?
SV : La résilience est profondément enracinée dans l'expérience humaine, avec tout ce que cette expérience humaine a de négatif mais aussi de beau et de positif. De cette façon nous pouvons lucidement reconnaître les problèmes mais en même temps ne pas laisser ces problèmes dicter nos stratégies d'intervention. Nous construisons avec ce qu'il y a de positif, sans perfectionnisme.
Quelques exemples de personnalités résilientes ?
SV : l'exemple le plus célèbre d'un enfant résilient est Anne Frank, dont le journal a fait le tour du monde. Parmi les résilients très connus, nous trouvons Jean-Sébastine Bach, très tôt orphelin de ses deux parents, ou à notre époque Tim Guénard, qui a pu transformer son démarrage "atroce" dans la vie en un engagement positif.
Pourquoi la résilience est-elle primordiale pour une ONG dédiée aux enfants telle que le Bice ?
SV : le Bice a été avec la Fondation Van Leer, aux Pays-Bas, parmi les premières ONG en Europe à promouvoir la résilience. Le Bice y a donné une coloration particulière, en développant des connaissances à partir d'une réflexion sur les recherches scientifiques, sur la pratique professionnelle, sur la vie, y compris même sa dimension spirituelle.
Un chercheur de l'institut Max Planck, en Allemagne, l'a formulé ainsi : "Vous construisez une sagesse qui intègre la science. Cela est très précieux à une époque où il y a trop de scientifiques sans sagesse et trop de sages qui rejettent la science".