La résilience, mode éphémère ou réalité profonde ?
Ces dernières années, la réflexion sur la résilience a connu une étonnante diffusion mondiale. Au fil de plus de 150 interventions du Bice dans le monde, un constat s’est imposé : si le langage n’a pas de mot pour nommer la résilience comme réalité humaine, il s’avère que beaucoup de gens identifient vite et facilement cette réalité dans leur propre expérience de vie, privée et professionnelle.
Une reconnaissance universelle d’une réalité en l’absence d’un nom pour la désigner : n’est-ce pas le signe que nous touchons là quelque chose de très profond ? Bien au-delà d’une mode éphémère. Les spécialistes travaillent à clarifier cette réalité : un terme, des recherches scientifiques, des réflexions sur le vécu, un changement de regard sur la réalité, une inspiration pour certaines pratiques...
Certes, il ne s’agit pas d’expériences en laboratoire avec des résultats très précis ; la définition même de résilience humaine n’est ni limpide, ni uniforme. Ce flou relatif peut décourager mais qui peut
clairement définir certaines réalités comme l’amour, la vérité ou l’humour ? Mieux vaut parfois un certain flou autour d’une réalité bien ancrée dans la vie qu’une clarté artificielle, trop détachée du réel.
L’essentiel est que la résilience nous invite à ne plus réduire une personne à ses problèmes mais à l’accueillir comme quelqu’un avec des problèmes et des ressources - à croire en elle.
Paru dans : Enfants de Partout n°114, mai 2008