Des avancées notables...
1- Les progrès suscités par la Convention relative aux droits de l'enfant
La Convention relative aux droits de l'enfant, transposée depuis vingt ans dans de nombreuses législations nationales, a profondément changé l'image de l'enfant. La Convention est un texte en évolution permanente, enrichi grâce au Comité des droits de l'Enfant et aux plaidoyers des ONG (organisations non gouvernementales). Cette nouvelle approche implique pour les Etats, l'obligation de créer un environnement protecteur pour les enfants.
L'enfant n'est plus un objet d'assistance mais un sujet de droit, citoyen dont les opinions et l'expression doivent être prises en compte. Il participe davantage aux discussions et à certaines décisions qui engagent la vie de la Cité. Il devient un véritable acteur dans la défense de ses droits.
Un certain nombre de tabous commencent aussi à tomber: la question des abus sexuels est notamment davantage abordée.
2- Une justice des mineurs en progrès
La justice des mineurs a connu des progrès significatifs ces vingt dernières années. Un exemple probant: la séparation des mineurs et des adultes dans les prisons.
L'emprisonnement des plus jeunes n'est plus aussi systématique, grâce notamment à des programmes de formation auprès des policiers et des juges.
Les mesures alternatives à la détention sont désormais des solutions envisagées.
... mais des dénis de droit persistants
1- La pauvreté et l'exclusion
Les progrès globaux qu'a permis la mondialisation s'accompagnent aussi d'un accroissement des inégalités entre les pays et à l'intérieur même des pays.
Ce qui induit des phénomènes de grande pauvreté et d'exclusion qui fragilisent les familles et les communautés traditionnelles. Les enfants en sont les premières victimes.
2- Les violences intrafamiliales
Tous nos groupes experts soulignent l'importance des violences intrafamiliales avec les traumatismes profonds qu'elles entrainent pour les enfants. Le Bice y est particulièrement sensibilisé. La particularité de son approche est d'associer les enfants, leur famille et les membres des communautés locales à la prévention et à la protection des enfants.
3- L'impact de la migration sur les enfants
Les migrations internes et transfrontalières sont en très nette augmentation dans les quatre régions du monde étudiées : une façon de fuir des situations devenues insupportables, au péril de sa vie. En famille ou seuls, des enfants quittent leur pays. D'autres dont les parents sont partis sans eux, se retrouvent sans famille. Ce phénomène est source de traumatismes profonds et durables pour l'enfant car il détruit les liens d'attachement indispensable à son développement. Il déstabilise la cellule familiale et entraîne souvent des risques majeurs d'exploitation sexuelle ou par le travail.
De nouveaux défis à relever
- La précarité des liens familiaux et communautaires réclame urgemment des politiques publiques qui reconnaissent, accompagnent et soutiennent les familles, et en particulier les familles monoparentales. La famille reste le lieu naturel le plus propice au développent de l'enfant.
- Dans l'esprit de bon nombre d'adultes, l'adolescent est encore trop souvent associé à la violence. Mieux comprendre les raisons d'un comportement excessif, s'interroger sur la situation familiale de ces jeunes et tenter de trouver des palliatifs: autant de défis à relever.
- Cette première esquisse inédite de la situation des droits de l'enfant dans le monde fait apparaître la nécessité d'une remobilisation autour de la dignité et des droits de l'enfant tel que stipulé dans la Convention et dans les autres traités des droits de l'Homme.
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