10. Mettre les nouvelles technologies au service de l'enfant

 
60. Le développement des nouvelles technologies de l'information a coïncidé dans le temps avec celui des droits de l'enfant.
L'accès à internet s'est vite révélé un atout pour diffuser ces droits, partager des informations et permettre aux jeunes de se les approprier. Internet facilite également le travail en réseau avec d'autres organisations et le plaidoyer. On a aussi progressivement réalisé ses dangers (cf. § 35).
 
L'utilisation des nouvelles technologies ouvre aux enfants un formidable potentiel de connaissances. Ils peuvent y satisfaire leur curiosité, leur créativité, une affirmation originale de soi comme le besoin de transgressions mineures pour grandir.
De même, les « chats », les forums d'Internet et les jeux vidéos joués à plusieurs, peuvent apporter certaines formes de camaraderie, voire d'amitié [68].
 
Toutes ces potentialités positives peuvent bien sûr se retourner en leur contraire, du plus anodin au plus grave.
Les enfants peuvent gaspiller beaucoup de temps à des usages sans intérêt, les connaissances n'y sont pas forcément hiérarchisées, les contenus peuvent être accumulés sans esprit critique ni synthèse.
Le risque de mauvaises rencontres ou d'isolement dans un monde virtuel existe. Les jeunes peuvent aussi acquérir ou amplifier des habitudes perverses ou antisociales... La vraie cyberdépendance est rare avant l'âge adulte, mais elle peut toucher des jeunes personnalités fragiles et esseulées.
 
 
61. Le bon usage des nouvelles technologies nécessite donc une responsabilisation des parents et des éducateurs[69] :
  • Une information et une sensibilisation de grande ampleur sur les potentialités et les risques.
  • Un dialogue avec les enfants pour les accompagner, poser des limites en terme de temps d'usage, de respect des temps de sommeil, de refus des activités dégradantes ou antisociales, ainsi que pour leur faire acquérir un esprit critique.
Il requiert également que soient poursuivies les initiatives pour la protection des enfants dans l'esprit des normes élaborés par le Groupe spécialisé pour les droits de l'Homme du Conseil de l'Europe[70].
 



[68] Cette analyse, ainsi que ce qui suit est largement inspirée d'un rapport présenté le 2 mai 2005 par le Professeur Jean-Yves Hayez, pédopsychiatre, sur « Les jeunes, Internet et les jeux vidéo, et la société civile », pour la délégation interministérielle à la famille du Gouvernement français. Disponible à l'adresse suivante :
http://www.jeanyveshayez.net/j-i-sc2a.htm
[69] Voir à ce sujet la Recommandation du Conseil de l'Europe (Rec 2006) 12 sur la responsabilisation et l'autonomisation des enfants dans le nouvel environnement de l'information et de la communication, ainsi que la Convention internationale sur la criminalité liée au cyberespace du Conseil de l'Europe.
[70] Déclaration du Conseil de l'Europe sur la protection de la dignité, de la sécurité et de la vie privée des enfants sur l'Internet, adoptée le 20 février 2008; v. Recommandation CM/Rec (2008) 6 sur les mesures visant à promouvoir le respect de la liberté d'expression et d'information au regard des filtres Internet.
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