4. Soutenir les familles
36. Le soutien des familles fragilisées
La fragilisation de la famille appelle des politiques de soutien et de renforcement à développer aux plans local, national et régional.
Ces politiques supposent une attention particulière aux familles monoparentales (dont le chef de famille est le plus fréquemment une femme) qui vivent souvent dans une situation de précarité économique et d'isolement social.
Il est important que, dans les pays les plus pauvres, les familles aient les moyens de subvenir elles mêmes, même modestement, à leurs besoins matériels à travers des activités génératrices de revenus. Cela renforce leur autonomie, le sentiment de leur valeur et leur capacité d'exercer pleinement la responsabilité éducative qui leur revient.
Les réseaux des professionnels du champ familial, travailleurs sociaux, psychologues, éducateurs et autres doivent être développés au niveau local et communautaire et leurs capacités renforcées.
Une entraide familiale bénévole bien organisée, articulée avec les professionnels, peut aussi constituer une source de bien-être pour les familles et les enfants.
En même temps, pour sauvegarder les intérêts supérieurs de l'enfant, il faut approfondir la réflexion sur des thèmes fondamentaux tels que : le besoin de stabilité, surtout des enfants les plus petits, les rôles complémentaires d'un père et d'une mère, les difficultés liées à une famille en conflit, etc.
37. Maltraitance des enfants et soutien à la parentalité
Pour chaque cas de maltraitance, il convient d'évaluer les compétences éducatives des parents et éventuellement de choisir un dispositif adapté à l'enfant (accueil en institution, foyer d'urgence, accueil familial, accueil résidentiel de type ouvert, etc.).
Il faut aussi prévoir des mesures d'aide et d'accompagnement des parents - ou de ceux qui en tiennent lieu - pour que le maintien des liens avec eux soit aussi bénéfique que possible.
En Europe occidentale, bien souvent, les enfants restent ou retournent dans leur famille d'origine. Ces situations sont souvent vouées à l'échec quand les parents n'ont pas bénéficié d'un programme de soutien psychologique.
En Europe orientale et dans les pays de la CEI, un enfant placé a peu d'espoir de rentrer un jour dans sa famille d'origine car la privation des droits parentaux est une mesure souvent définitive
[47].
Des efforts considérables doivent encore être faits.
On assiste à trop d'interventions qui négligent de prendre en compte les besoins d'attachement des enfants et découpent leur histoire en « tranches » d'interventions spécialisées, socio-éducatives, psychiatriques, psychothérapeutiques, au gré de divers centres d'urgence ou de différentes familles d'accueil.
Une identification précoce des situations à risque doit encore être améliorée, afin de prévenir les comportements abusifs. Il s'agit certes de combattre la maltraitance, mais plus fondamentalement de promouvoir un climat de bientraitance.
[47] Si en Russie le nouveau Code de la famille (1995) déclare que les enfants doivent autant que possible rester avec leur famille - ce qui est une évolution législative à saluer - la volonté réelle d'inverser la tendance est faible et l'État ne fournit pas les outils nécessaires pour réaliser cette réforme.