4. Notre vision, c´est un monde où les enfants puissent vraiment jouir des droits que la Convention leur reconnaît, un monde sans pauvreté extrême et sans violence. Du point de vue économique, financier et technologique, ce monde est réalisable dès maintenant.
L'enfant en qui nous croyons
5. L'enfant, chaque enfant, est un présent pour l'humanité. Il s'inscrit dans une histoire et, en même temps, il ouvre de nouveaux possibles. Il possède une énergie de vie qui va lui permettre de s´épanouir avec les autres. Cette énergie de vie, si elle n´est pas étouffée par la société, fera qu'il grandira au-delà des nombreux défis et parfois des blessures que l'existence lui infligera.
L'enfant nous étonne toujours ; il nous apprend beaucoup sur notre humanité, nos limites, mais aussi sur nos capacités de dépassement.
Cet enfant, malgré toutes ses potentialités, naît fragile. Il a besoin d'amour, d'affection. Il doit également être protégé jusqu´au moment où il acquiert son autonomie. Une autonomie qui n´est pas une totale indépendance et aura toujours besoin, pour s'exercer, d'une ambiance de solidarité humaine à tous les niveaux.
La société dans laquelle nous croyons
6. La société dans laquelle nous croyons est d'abord une société capable de garantir la paix, car les conflits armés conduisent toujours à la négation des droits des enfants et à de très grandes souffrances pour eux.
... Une société dans laquelle l'enfant soit nourri, soigné, aimé, protégé, instruit et éduqué.
... Une société dans laquelle l'enfant soit élevé selon les « ...idéaux proclamés dans la Charte des Nations Unies : de paix, de dignité, de tolérance, de liberté, d'égalité et de solidarité. » [6]
... Idéal de solidarité qu'il nous faut commencer par vivre nous-mêmes.
... Une société dans laquelle les familles tiennent un rôle central. [7]
La famille « La famille, unité fondamentale de la société et milieu naturel pour la croissance et le bien-être de tous ses membres, et en particulier des enfants, doit recevoir la protection et l'assistance dont elle a besoin pour pouvoir jouer pleinement son rôle dans la communauté. » Préambule de la Convention (§5) |
Une société où, autour de la famille, la communauté la plus proche, l´école, les lieux de loisir, les associations, les institutions laïques et religieuses, contribuent également au développement de l'enfant.
Une société où désormais, avec les nouvelles technologies, le « village global » entre de façon constructive dans la vie de l'enfant.
7. Une société dans laquelle les pouvoirs publics, forts de leur légitimité et de leurs engagements, s'efforcent de répondre aux besoins spécifiques de chaque communauté et de chaque enfant. Cela, en garantissant les principes de la Convention, sur lesquels s'appuie aussi notre engagement :
l'intérêt supérieur de l'enfant (art.3) ;
la non-discrimination (art.2) ; tous les enfants, filles et garçons, sans distinction de couleur, de religion, de culture, d'opinion, sont concernés car la Convention a une portée universelle ;
le droit de l'enfant à la vie, à la survie et au développement de ses capacités (art 6) ;
son droit d'expression (art. 12 et 13), son droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion (art 14) et son droit d'association (art. 15) ;
l'indivisibilité des droits civils, culturels, économiques, politiques et sociaux reconnus aux enfants, car c'est le développement de tout l'enfant qui est visé, au-delà de la satisfaction de ses simples besoins matériels, dans toutes ses dimensions y compris spirituelles ;
l'exigibilité juridique des dispositions de la Convention, qui permet enfin de demander fermement aux États signataires, lorsqu'ils n'assument pas leurs obligations, de prendre les mesures administratives, juridiques, économiques, sociales, éducatives, en vue d'assurer aux enfants un environnement protecteur.
Telle est notre vision. Mais nous vivons dans le monde réel...
[6] Préambule de la Convention
[7] La Convention souligne le rôle de la famille et engage les États à la soutenir, en particulier :
- L'article 5 : « Les États parties respectent la responsabilité, le droit et le devoir qu'ont les parents ou, le cas échéant, les membres de la famille élargie ou de la communauté, comme prévu par la coutume locale, les tuteurs ou autres personnes légalement responsables de l'enfant, de donner à celui-ci, d'une manière qui corresponde au développement de ses capacités, l'orientation et les conseils appropriés à l'exercice des droits que lui reconnaît la présente Convention »;
- L'article.7 : « L'enfant est enregistré aussitôt à sa naissance et a, dès celle-ci le droit à un nom, le droit d'acquérir une nationalité et, dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et être élevé par eux » ;
- L'article 18 : §1 « ... La responsabilité d'élever l'enfant et d'assurer son développement incombe au premier chef aux parents ou, le cas échéant, à ses représentants légaux... » et § 2 «.Les Etats parties accordent l'aide appropriée aux parents et aux représentants légaux dans la responsabilité qui leur incombe d'élever l'enfant... »