
Edito d'Yves Marie-Lanöe, Président du Bice
Comment se résigner ? Comment baisser les bras face aux millions d'enfants dans le monde dont les droits les plus fondamentaux sont bafoués ? Les témoignages d'Afrique, d'Amérique latine, d'Asie, d'Europe et de la CEI rassemblés dans les 4 interviews de ce dossier en donnent une image saisissante. |
Interview de Désiré Koukoui, membre du groupe d'experts du Bice pour l'Afrique
Désiré Koukoui travaille auprès des jeunes depuis 25 ans. Son engagement au service des plus vulnérables et sa foi chrétienne le motivent chaque jour davantage. Désiré considère qu'il faut une certaine capacité intellectuelle et morale pour s'occuper des enfants. Selon lui, « l'enfance, c'est l'avenir... mais aussi le présent ! » |
Interview d'Alejandro Cussianovich, membre du groupe d'experts du Bice pour l'Amérique Latine
Alejandro Cussianovich est instituteur et prêtre depuis 1958. Sa motivation pour aider les enfants ? La solidarité. Selon Alejandro, les enfants nous poussent à dépasser tous nos apprentissages. Ils incitent au défi permanent. |
Demain, quel monde pour nos enfants ?
membre du groupe d'experts du Bice pour l'Asie Irada Parajuli Gautam travaille auprès des enfants depuis 20 ans. Selon elle, pas de doute : « Les jeunes sont prêts à agir et à changer la société... Le futur des nations dépendra de combien nous investirons dans le secteur des enfants » |
Interview de Valérie Löchen, membre du groupe d'experts du Bice pour l'Europe et la CEI
Valérie Löchen, directrice "veille et stratégie" à la Fondation d'Auteuil, travaille au contact des enfants depuis 15 ans. Elle s'est engagée auprès d'eux pour leur vitalité et parce que c'est « un monde où il y a encore beaucoup à faire ! » Bice : quelles sont les caractéristiques de la région du monde dans laquelle vous travaillez - Europe et CEI - par rapport à l'enfance ? Valérie Löchen : c'est un continent sur deux mondes, l'ouest et l'est, d'où plusieurs disparités. A l'est, depuis l'effondrement du bloc soviétique, les dispositions prises en faveur de l'éducation et de la santé par exemple, se sont effondrées. Le marasme économique entraîne de grosses difficultés pour les enfants. On en voit beaucoup dans les rues. Il s'agit d'une société très violente pour les plus jeunes, avec une forte précarité mais aussi moins de sens, moins de repères familiaux. A l'ouest, le problème est différent : les enfants vivent de moins en moins avec leurs parents, trop occupés à d'autres activités. Ils sont seuls. En CEI, ce phénomène gagne aussi du terrain. Ce qui me marque également, c'est la pénalisation des réponses apportées aux jeunes délinquants. J'ai l'impression qu'en Europe, la répression a pris le pas sur l'éducation. |