Enfants privés de liberté

Côte d'Ivoire, R. D. Congo, Mali, Togo

 
La problématique des enfants privés de liberté, peu connue en 1987 au début de l'engagement concret du Bice en Afrique, est très complexe et délicate à traiter. 
La présence d'enfants dans les prisons soulève de nombreuses questions juridiques que le Bice s'attache à traiter en profondeur. 
 

 

Rétablir ces enfants dans leurs droits fondamentaux


Le Bice a tout d'abord créé des groupes de "recherche-action" en Côte d’Ivoire, au Mali, au Zaïre (actuellement R. D. Congo), en Guinée et au Sénégal, en étroite collaboration avec des partenaires d’Eglise et des ONG. Ces groupes ont eu pour mission d’apporter un appui psycho-social à ces enfants emprisonnés en détresse et de les rétablir dans leurs droits fondamentaux.
Un nombre important de ces enfants était innocents ou détenus pour des infractions minimes, souvent liées à leur état de grande pauvreté : vagabondage, petits vols liés à la faim...
A coté de ceux-ci, on trouvait également des jeunes délinquants, auteurs de vols qualifiés, de coups et blessures, des infracteurs à la législation concernant les stupéfiants. Ces jeunes, rarement scolarisés sont aussi victimes de la pauvreté des adultes, du délitement de la famille dans les grands centres urbains, de systèmes sociaux défaillants, de la répression arbitraire de l’Etat et survivent sans espoir et sans perspective d’avenir.

Ces enfants privés de libertés étaient presque tous gravement traumatisés par leur arrestation et ses suites : la violence et les mauvais traitements subis dans les postes de police, au tribunal et en prison. Ils y ont enduré la faim et la soif, des humiliations et pressions. Ceux qui étaient malades ou blessés n’étaient pas soignés. Dans les commissariats et en prison, ils étaient mêlés aux adultes, parfois de réels bandits dangereux qui leur faisaient également subir la loi du plus fort : les enfants devaient les servir, accomplir les corvées et de surcroît assouvir leurs pulsions sexuelles. Leurs familles n’étaient que rarement informées de leur arrestation et si elles l’étaient, réagissaient par le rejet de cet enfant qui avait « terni leur honneur ».
Abusés et abandonnés de tous, même de la justice qui ne traitait pas leur dossier, souvent faute de référent civilement responsable, les enfants croupissaient terrorisés, sans espoir et sans avenir dans des prisons vétustes et insalubres.
 

Les principaux résultats

• Près de 22 000 mineurs bénéficiaires du projet dans 32 prisons et 130 commissariats. Plus de 70% d’entre eux ont été libérés grâce à l’action du Bice.
 

 Au niveau de la police :

• 30 commissariats de police régulièrement visités par les intervenants sociaux, appui aux mineurs détenus (écoute, recherche de famille, assistance juridique, appui alimentaire, désinfection des locaux).
• Plus de 400 officiers de police judiciaire formés aux droits de l’enfant, à la justice pour mineurs de leur pays et à l’écoute active.
• 8 cellules aménagées au niveau des commissariats.
• Respect de la durée de garde à vue obtenue et abandon des pratiques de violence dans les commissariats.
 

Au niveau de la justice :

• Environ 280 magistrats et travailleurs sociaux formés (mêmes thèmes).
• Production d’un Recueil sur la Minorité pour la Côte d’Ivoire et la R. D. Congo.
• Production d’un livret sur l’Ecoute Active.
 

Au niveau des prisons et de l’alternative à l’emprisonnement :

• 18 quartiers pour mineurs construits et aménagés, des quartiers pour femmes améliorés dans le cadre de l’appui apporté aux femmes enceintes et aux mères accompagnées d’enfants.
• Durée de détention préventive ramenée à deux mois ou moins.
• Deux centres d’alternative à l’emprisonnement créés et gérés par le Bice (en Côte d’Ivoire et R. D. Congo). Capacité d’accueil totale : 70 enfants, encadrés par le Bice (éducation de base et alternative, formation professionnelle, réinsertion familiale et sociale).
• Appui psycho-social, alimentaire, soins de santé primaire, éducation de base et alternative donnés chaque jour aux enfants par les éducateurs du Bice dans 6 prisons, plus occasionnellement dans les autres. Aide à la réinsertion.
 

Au niveau de la société civile :

• 35 Comités Locaux de Protection et de promotion des droits de l’enfant (CLP) créés dans les quartiers pour démultiplier les actions du BICE. Membres formés aux droits de l’enfant et à l’écoute active.
• Sensibilisation de l’opinion publique par des émissions radio régulières et des animations.
• Production et utilisation d’un film documentaire sur le phénomène.
 
 

Durée du projet

Le projet est reconduit jusqu'en 2009.


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