Les parents, généralement venus de la campagne dans l'espoir de trouver une vie meilleure, travaillent durement dans des usines et des fabriques de la métropole urbaine. Tandis qu'ils s'emploient à fabriquer des briques ou des tapis, les petits enfants restent isolés car les crèches et écoles maternelles sont quasi inexistantes dans ces zones de bidonvilles.
L'enjeu du développement des tout-petits
Par ailleurs, « les parents n'ont généralement pas conscience de l'importance des activités d'éveil dans le développement de l'enfant » explique Irada Gautam, présidente d'Aawaaj, association Membre du Bice et partenaire de ses actions au Népal. « Selon eux, les enfants sont trop jeunes pour jouer ou être impliqués dans des activités récréatives ou éducatives. Ils ne leur accordent que très peu d'attention, ne répondant pas à leurs questions, usant régulièrement de punitions et de coups pour les éduquer. » La négligence, les brusqueries ainsi que la discrimination dont les fillettes et les femmes sont victimes ont des retombées extrêmement négatives sur le développement des enfants.
Un centre d'éveil pour les enfants de 2 à 5 ans
Avec le Bice, Aawaaj a donc mis en place un projet pour promouvoir des conditions favorables au développement physique, intellectuel, émotionnel et social des enfants de 2 à 5 ans.
Actuellement, 40 petits garçons et petites filles et leur famille sont accompagnés par le projet. Pendant la journée, les petits sont accueillis dans la crèche ouverte durant l'année 2007. Stimulés par des jeux, des activités physiques, les enfants apprennent à écouter, à raconter, à chanter et découvrent la vie en collectivité. Les éducatrices veillent à un rythme d'apprentissage et de repos harmonieux ainsi qu'à leur alimentation. Une attention particulière est portée aux enfants présentant des troubles et des visites médicales sont organisées chaque mois.
La sensibilisation de la communauté
Si la stimulation de l'enfant est cruciale, le développement physique, intellectuel, émotionnel et social de l'enfant repose avant tout sur l'attention et l'amour portés par les parents. « Les histoires de jeunes enfants de deux ans, souvent incapables de parler ni de marcher et retrouvés seuls dans la rue, de petits jamais lavés de peur qu'ils n'attrapent une pneumonie ou de mères n'allaitant pas leur bébé à cause de préjugés, ne sont pas rares » déplore Irada Gautam.
Le projet encourage donc la participation des parents au suivi des enfants. Aawaaj organise des réunions afin de les sensibiliser sur leur rôle et leurs responsabilités. Tous les sujets sont abordés : du bien-être des petits à leur protection et l'affection dont ils ont besoin pour bien grandir.
L'investissement des parents participe en même temps à une prise de conscience plus générale. En effet, les parents informent à leur tour d'autres parents au sein de la communauté, incitant progressivement les femmes et surtout, les hommes, à s'investir dans l'éducation de leurs enfants, sans discrimination sexuelle.
Partenaire local du Bice
• AAWAAJ, "La Voix" en Népalais.
Partenaires financiers
• La Voix de l'Enfant
• Frères des Ecoles Chrétiennes
Durée du projet
• projet initié en 2007, poursuivi en 2008